HARUNOBU, Courtisane sous la véranda,
HARUNOBU, "Courtisane sous la véranda", estampe sur bois, 1760.
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En feuilletant, il y a déjà bien longtemps, un livre consacré aux estampes japonaises, mon oeil fut attiré par un détail de cette image de
Harunobu. Une courtisane, sortie prendre l'air en délaissant ses invités, rêvasse sur une passerelle abritée par un auvent qui réunit deux bâtiments. La bâtisse de gauche possède une ouverture donnant sur le jardin. Cette fenêtre est en partie masquée par un rideau de roseaux ou de bambous.Tant le cadre de cette ouverture que le rideau qu'elle contient posent problème : le sommet du rideau et celui de la fenêtre suivent en effet une direction contraire à celle de leur base. Tandis que la moitié inférieure séloigne de nous en montant vers la droite, la moitié supérieure s'en éloigne vers la gauche. En masquant successivement de la main la partie haute et la partie basse de l'ouverture, vous verrez apparaître l'antagonisme de ces deux directions.

 

Tracé opéré sur "Courtisane sous la véranda" de Harunobu.
 

Aujourd'hui je vois là une Quadripoutre Image hors-site. Il suffirait de dessiner le montant vertical gauche de cette fenêtre pour obtenir les quatre éléments de cette figure impossible connue. Mais à l'époque, plutôt que de voir la torsion impossible du cadre, je préférai voir celle de la surface du rideau. Celle-ci, tout aussi impossible, m'a amené à faire une série de dessins, dont vous trouverez ci-dessous deux échantillons.
 

Perspective impossible inspirée d'une estampe de Harunobu, 1.Perspective impossible inspirée d'une estampe de Harunobu, 2.


Le dessin de gauche (voir en
grand format) présente une torsion impossible. La surface ocre rouge prend tout d'abord l'aspect d'un plan vertical. Le personnage qui nous est proche semble en effet s'appuyer à une balustrade. Mais, en suivant des yeux la surface qui s'éloigne, nous voyons que celle-ci s'incline pour devenir un plan d'eau horizontal où naviguent deux embarcations.
Le dessin de droite (voir en
grand format) procède, à peu de choses près, de la même manière. La route ocre rouge où circule le véhicule devient l'encoignure verticale d'une balustrade à laquelle s'appuie le personnage qui contemple le bateau. Voilà ce qu'est devenu, en ces images, le rideau de roseaux d'Harunobu.

ADDENDUM
Voir les pages de carnet d'où sont tirés ces dessins :
Page 26 du carnet 1988-1989
Page 27 du carnet 1988-1989
Page 28 du carnet 1988-1989

 

ICONOGRAPHIE
HARUNOBU Suzuki, Courtisane sous la véranda, technique nishiki-e, 28,7x21,6 cm., circa 1760.

BIBLIOGRAPHIE
NEUER Roni, LIBERTSON, Herbert, YOSHIDA Susugu,
Ukiyo-e, 250 ans d'estampes japonaises, Flammarion, 1985, ISBN : 2-08012040-9 (voir page 98).

 

 

 

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