Faille que faille, Corse, automne,
Faille-1
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Sur un rocher bleu situé en face des îles Sanguinaires, au pied de la tour génoise, coule un filet blanc de pierre dure. Vous pourriez penser que la nature connaît ici son grand constructeur, celui qui, sur un support difforme a pu, de sa main levée descendue du ciel, tracer cette ligne d'une verticalité et d'une continuité que le désordre du monde méconnaît.
Mais, poursuivant votre pérégrination haletante sur le sentier touristique, vous seriez amenés à voir les choses d'une tout autre manière. Car ce filet de lait coulant sur le rocher ondulé n'est certainement pas le filet d'eau qui aurait pu couler le long de la roche. Quelques pas plus avant et la coulure de lait divin se transforme en brisure de pierre géologique (ci-dessous). Le géologue aimerait donc ces images qui sur deux feuillets expliquent tout autant la formation du monde que sa transformation, la superposition des strates de roches tout autant que leurs plissements. Mais le plasticien borné ne verra là qu'un alignement équivoque.

 

Faille-2

 

D'un point de vue unique et précis, la strate blanche apparaît comme étant verticale et quasi rectiligne, alors que le moindre déplacement révèle sa nature courbe, ondulée, cassée, brisée et, en cela, fourbe. L'alignement vertical n'est qu'un moment particulier et dévié de notre perception du monde : car ce tracé blanc ne peut apparaître rectiligne que sous un angle de vision rare et exceptionnel. Pourtant, tous deux, géologue et plasticien, se rejoindront sur le fait que nous avons là deux états du mondes : de lave, de pierre fondue et de plissements pour l'un et de points de vue, de déplacements et de perceptions successives pour l'autre.

 

 

 

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