Grill, Budapest, printemps 2008.
BudaGrille
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PLANSITE--------SITEMAP----

 

Les ombres se plient et se déplient, nous savons que les ombres se plient aux reliefs et se déploient au sol. Parfois même, une ombre qui se plie rencontre et poursuit une ombre qui se déplie. Ainsi, l'ombre de cette grille qui, à Budapest, longe le cours du Danube, commence-t-elle à plier ses lignes aux marches et à la rampe de pierre d'un escalier, pour déployer ensuite son tracé sur le bitume du quai.
Cette situation, qui peut se rencontrer à n'importe quel endroit du monde, si tant est qu'il y ait du soleil et des ombres, est ici perturbée par une heureuse coïncidence : les sommets des ombres des barres de la grille s'alignent le long d'une ligne qui traverse la photographie de part en part. Si les barres réelles bordant le terre-plein surélevé et horizontal où conduit l'escalier se doivent de posséder une hauteur constante, leur projection sur deux plans aux orientations différentes ne devraient pas autoriser cette même continuité. Ainsi, les sommets des ombres verticales portées sur la pierre blanche suivent la même trajectoire rectiligne que celle des sommets des ombres horizontales portées sur le bitume gris. Autrement dit, l'ombre verticale des sommets proches continue son parcours dans l'ombre horizontale des sommets éloignés.
En cela, vous, regardeurs crédules de cette image plane, subissez, consciemment ou non, une torsion de l'espace représenté. Vous pouvez tout autant rejeter à l'horizontale le triangle de pierre blanche qui supporte la partie gauche de l'ombre, que redresser à la verticale la partie droite de cette même ombre. Nous avons là un alignement équivoque de la ligne des sommets qui, à la manière du croquis présenté ci-dessous (voir le dessin
73b du carnet 1988-1989), rend incertain l'orientation des plans et des volumes de l'image.

 

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