Poteaux, rue de Lille, Paris,
Barres-3
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Il n'est pas besoin d'aller à la mer pour être trompé par les verticales. Ainsi, rue de Lille, à certaines heures d'une journée parisienne ensoleillée, vous pourriez tomber devant ce spectacle inattendu, d'une quasi verticale infinie, qui, à la manière des Poteaux de Lion sur mer, iraient se superposant les uns les autres par taille décroissante. Mais tout piéton parisien aguerri comprendra bien vite que nous avons là une succession de barres métalliques fichées dans le trottoir afin qu'une voiture de parisien, tout aussi aguerri, ne vienne par une malheureuse mais inévitable conjoncture de circonstances (à savoir la distance phénoménale séparant la portière du véhicule de la porte de la boulangerie ou du bureau de tabac) poser ses roues sur la part de bitume réservée, d'après certaines légendes très anciennes, aux piétons.
Donc, cette image se contenterait de répéter sur le macadam parisien ce que nous venons de voir sur la grève normande. Croire cela serait pourtant une erreur immense. Il est vrai que nous avons bien là de la contiguïté équivoque. Chaque sommet de poteau (exprimé par une boule) semble toucher la base du poteau suivant. Bien mauvais contact d'ailleurs, qui en raison du viseur plastique de l'appareil photographique jetable et depuis jeté, veut que la première sphère ne se trouve pas dans l'axe du second poteau. Pourtant, à y regarder de plus près, ces barres ont une forme peu ordinaire : elles sont cintrées !
C'est ainsi que nous arrivons à une différence essentielle avec les poteaux de bois précédents : sur le bitume parisien nous avons, en plus de la contiguïté illusoire, un alignement équivoque. Chaque barre semble, en effet, entrer en contact, non pas avec la barre suivante, mais avec son ombre portée. Ce que nous pouvions prendre pour des formes cintrées n'est que l'alignement sur une même verticale d'une barre et de son ombre.

 

Barres-1

 

Ainsi, les différents tracés, poteaux et ombres, se succèdent-ils de manière continue pour en arriver à créer une verticale plastique. Alors que dans la réalité les poteaux sont séparés l'un de l'autre et que les ombres forment un angle droit avec le poteau dont elles projettent la silhouette au sol, nous pouvons croire à un empilement continu et contigu de formes.

 

 

 

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