Cézanne au bois, bois de
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Allez au bois de Vincennes. Garez-vous le long de l'avenue des Minimes. Marchez cinquante mètres, regardez autour de vous et vous aurez là dix, vingt, trente Cézanne in-situ, qui n'attendaient que votre visite. En ce lieu, on ne peut plus artificiel, les branches se coupent, se recoupent et s'enchevêtrent au point que vous ne savez plus qui porte qui. Hésitant entre des dizaines de bifurcations, vous confondez l'origine et la fin, puisque tout se joint, se poursuit et s'assemble en un immense jeu de construction dont les pièces se seraient emmêlées. Perdu, vous avancez alors de quelques mètres afin de retrouver un semblant de cohérence en cet amas hétéroclite. Mais, ce maigre trajet effectué, vous retombez aussitôt dans la confusion, découvrant de nouveaux raccords, des continuités différentes et des ramifications inédites, apparaissant au fur et à mesure de vos déambulations.
Pourquoi aller dans les musées, contempler des toiles aux peintures écaillées, accrochées aux murs de salles à l'atmosphère confinée, alors que vous pouvez admirer l'original en plein-air, par un ciel bleu, nez au vent, les pieds dans l'herbe ? Même
Cézanne vous y convierait, lui qui voulait faire du Poussin d'après la nature, alors que la nature fait du Poussin sans même y penser, par pure inadvertance, par simple désoeuvrement, attendant seulement, sans la moindre impatience, qu'un promeneur égaré veuille bien lever les yeux afin de contempler les continuités, contiguïtés, alignements et autres tracés pleins de significations qu'elle offre à volonté à ceux qui daignent lui adresser un regard.

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