Château de Vincennes, 2006.
Tripoutre-du-Chateau
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Beaucoup, y compris les psychologues de la perception les plus pointus ou les plus affûtés, pourraient croire qu'il est impossible de rencontrer une Tripoutre à l'état naturel : une Tripoutre sauvage et non domestiquée. Il est vrai que les deux modes connus de construction de cette figure dite impossible sont obligés d'en passer par des artifices spécieux pour offrir une perception illusoire d'une soi-disante Tripoutre réelle. Ainsi, Bruno Ernst (lien ci-dessous à gauche) est contraint, pour refermer sa construction aux trois barres rectilignes, d'en passer par un contact fallacieux en ce qu'il ne connaît qu'un seul et unique point de vue pour être perçu comme tel. Hamaekers (lien ci-dessous à droite) propose, quant à lui, une construction réellement fermée, mais est obligé d'utiliser des barres torses, qui, là encore, d'un point de vue unique, paraissent rectilignes.
 

TripoutredeErnstTripoutredeHamaekers

 

l n'en reste pas moins que la coïncidence de contact qui permet à Bruno Ernst de refermer, illusoirement et artificiellement, sa Tripoutre ouverte peut se trouver à l'état naturel. Ainsi, vous promenant aux abords du château de Vincennes, vous pourriez hésiter un instant devant l'incongruité des contiguïtés en ce point précis de votre déambulation. Partant du mur en piteux état, qui fuit en oblique à votre gauche, votre regard vient buter contre la muraille au chemin de ronde recouvert d'ardoise. Puis, en balayant cette toiture qui s'éloigne vers la droite, vous aboutissez à un toit conique, toit qui semble reposer sur le mur où avait débuté votre parcours visuel. La boucle étant bouclée, vous venez sans le vouloir de construire un triangle impossible (voir photo ci-dessous).
 

Tripoutre-du-Chateau-2


Mais, dans le réel, les échelonnements et les orientations sont tels que ces trois éléments ne peuvent se rejoindre. Pire, alors que la
Tripoutre de Ernst dissimule une rupture dans l'apparente continuité de ses barres, nous avons ici deux faux contacts. Du coté gauche, un parapet de pierre masque les douves larges et profondes, qui séparent le bord gauche du mur de la muraille du château. Du coté droit, la toiture conique termine la couverture du chemin de ronde en chapeautant l'échauguette d'angle. Pourtant, en dépit de ces deux ruptures aux écarts importants, le mécanisme plastique de la contiguïté équivoque joue à plein son rôle de réducteur d'espace en niant ou minorant l'échelonnement des formes dans la profondeur de la représentation photographique.

 

 

 

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