Escale des assassins, Ouistreham, printemps
Escalier-Ouistreham
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Un quai classique en pierre de taille, au débouché de la rivière qui passant par Caen va se jeter dans la Manche à Ouistreham. Dans ce quai, un escalier, de la même pierre, vous conduit à la grève d'algues, de caillasses et de vase. Un désir soudain pourrait alors vous conduire à descendre ces marches pour, botté de frais, aller vagabonder à marée basse.
Vous n'en ferez rien, et cela pour au moins deux raisons. La première, d'une stupidité qu'il convient cependant de notifier, est que vous êtes en présence d'une photographie. La seconde, à considérer cette fois la réalité du monde, veut qu'en procédant à cette descente, vous arriveriez à l'hôpital plutôt qu'à la mer, après un vol de deux mètres, bref moment de grâce, brutalement et stupidement arrêté par le caillou normand. La dernière marche est en effet à bonne distance de la grève, cet escalier ayant plus été conçu pour monter dans un canot à marée haute que pour descendre pêcher la crevette à marée basse.
Mais cette expérience, quoique brutale et traumatisante, vous aurait appris plusieurs choses. D'une part, l'écart irrémédiable qui peut séparer une représentation réaliste du réel de la réalité, mais aussi, et plus sérieusement, l'ambiguïté du contact des surfaces, jusque et y compris dans le réel. Nous avons là une photographie traitant le thème d'une figure ambiguë classique :
 

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Il n'en reste pas moins que l'irrésolution permanente de la distance pouvant séparer ces Deux polygones dans l'image s'avère beaucoup moins dangereuse que la résolution physique du problème dans la réalité. C'est sans doute pour cette raison que les psychologues de la perception préfèrent rester dans leur laboratoire à travailler sur des représentations du réel.

 

 

 

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