Palmier, Le Châtelet, 2006.
"Palmier Briard", photo à contact ambigu.
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Dans un certain village de Seine et Marne, en cette Brie pouilleuse qui ne connaît pas les immenses étendues de blé, la municipalité a décidé d'innover pour le décor obligé des fêtes de fin d'année. Ainsi, roulant à petite vitesse, en raison de la quantité délirante de "gendarmes couchés" que le maire a cru bon de recruter, vous avez tout le temps d'admirer, tel le Christ entrant à Jérusalem, les palmes, qui, la nuit venue, iront puiser la lumière divine à la centrale nucléaire de Nogent sur Seine.
Bien que suspendu par des câbles aux poteaux de la rue (câbles effacés grâce aux miracles de logiciels informatiques), ce décor végétal quoiqu'artificiel peut, sous certains points de vue, provoquer chez le croyant innocent un type d'illumination non reconnu par l'évêché : les branches de palmes semblent surgir d'un cyprès.
Car, en ce début de soirée hivernale dont l'éclat ne peut que rendre hommage à la venue du
Christ sur terre, à l'heure entre chien et loup où les formes et les distances s'estompent, le contact équivoque vient jouer les trouble-fête, en endossant son rôle diabolique de destructeur de l'échelonnement des formes dans la profondeur de l'espace. Alors que les palmes christiques sont suspendues au beau milieu de la rue, tandis que la masse sombre du cyprès s'élance vers le ciel d'un jardinet latéral, vous croyez voir, médusé et incrédule, un hybride arboricole inconnu qui vient donner des airs de Méditerranée à la Brie profonde, mutique et fermée.

 

 

 

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