Passage de Retz, Paris, 2008
reflets-inox
precedent1 suivant1


PLANSITE-----SITEMAP----

 

En traînant encore nos guêtres dans le marais parisien, nous entrons dans la cour de l'Hôtel de Retz. Et là, par delà la muraille de pierres, nous apercevons les immeubles situés dans la cour suivante. Pourtant, quelque chose cloche. En dépit de toutes les modifications, ajouts et destructions qu'ont pu subir ces hôtels au cours des siècles, ce mur ne ressemble pas aux murs auxquels nous sommes habitués. En premier lieu, son sommet est brisé, ce qui pourrait, à la rigueur, être. Mais, à y regarder de plus près, nous avons le sentiment que ce mur, tout penché qu'il est, va bientôt s'écrouler sur nous. Les pavés de la base, qui, en raison de notre position et de la vue en contre-plongée, devraient paraître les plus importants sont plus petits que ceux du sommet. Pire encore, si ce mur penche manifestement vers nous, il penche de plus vers la gauche. Cette accumulation d'incongruités ne peut donc être.
Et si la vue suivante semble plus acceptable, c'est que la portion visible de la muraille y est plus restreinte. Car nous retrouvons là les défauts précédents : sommet irrégulier et mur semblant s'effondrer cette fois vers la droite.
 

reflets-inox-2


Fort heureusement, un autre point de vue va nous révéler la raison de toutes ces incohérences. Avec la vue présentée ci-dessous, le minéral reprend une apparence normale : à savoir celle du sol pavé habituel reconstitué de toutes les cours des hôtels du marais. Mais si le sol, hormis les deux polygones inférieurs, semble normal, c'est au tour de l'architecture de poser maintenant problème, qui semble reprendre l'iconographie connue depuis le moyen-âge du "monde à l'envers" : le ciel est en bas, les toits sont renversés tandis que le sol surplombe le tout. Les plus astucieux d'entre vous auront déjà compris que nous avons la réflexion sur un volume en inox brillant de l'environnement d'une cour du marais qui héberge un lieu artistique calme aux expositions originales et bien pensées, où vous pouvez déambuler à loisir sans être contraint de venir avec vos échasses et boules Quiès afin de contempler les oeuvres qui y sont présentées : le si peu fréquenté et si beau
Passage de Retz.
Ainsi ce bloc de métal irrégulier, dont la photographie n'a pas été renversée tête-bêche comme les deux précédentes, renvoie-t-il maintenant l'image normale, acceptable et compréhensible de son environnement sur les différentes facettes qui le composent. Tandis que la surface horizontales supérieure renvoie l'image du ciel et des façades environnantes, le plan oblique situé à droite plisse un des immeubles, alors que les deux pans quasi verticaux qui se dirigent vers la base réfléchissent, quant à eux, les pavés situés dans le hors-champ inférieur de la photographie. C'est ainsi que cette sculpture, qui réfléchit les images, fait aussi réfléchir les cerveaux.
 

reflets-inox-3

 

RÉFÉRENCES
LEVY Arik, The big rock, inox , 2006, installé dans la cour de l'Hôtel de Retz, 9 rue Charlot, 75003 PARIS.

 

 

 

RETOUR AU SOMMAIRE

RETOUR À L'ACCUEIL

precedent1 suivant1