Les ombres voient double, Paris,
Double-ombre-1
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PLANSITE--------SITEMAP----

 

À certaines heures de la journée, vous pouvez rencontrez des poteaux à deux ombres dans les ruelles d'un Marais parisien. En d'autres époques, en cet endroit autrefois pestilescent, couvert de brouillards tenaces et vapeurs malsaines, sorciers, druides et autres magiciens ont pu laisser leurs empreintes. C'est ainsi que ces poteaux du XXème siècle voient non seulement leurs ombres portées dédoublées, mais semblent encore tisser une contiguïté sans faille avec leurs projections au sol. Avons-nous là l'hallucination d'un appareil photographique rongé par les champignons dus à l'humidité de ce quartier aux murs lépreux, serions-nous devenus un alcoolique anonyme parmi tant d'autres ou souffrons-nous d'un strabisme particulier qui se contenterait d'affecter les ombres ? Cette situation, incompréhensible pour les cartésiens argentés qui habitent désormais un marécage depuis longtemps asséché, doit bien avoir une explication.
Car, à regarder vers la droite de l'image, le regardeur sagace ne sera pas sans avoir remarqué qu'une moitié de l'ombre dédoublée dépasse le poteau qu'elle atteint. Ainsi, la contiguïté n'est pas aussi parfaite que nous avions pu, dans un premier temps, le supposer. Il semblerait que l'éloignement latéral de cette ultime ombre induise un changement de point de vue, qui marquerait ainsi la fin d'une parfaite contiguïté. Nous allons donc nous déplacer pour procéder au changement de point de vue nécessaire à la compréhension de cette invraisemblable hallucination.
Et là, tout s'éclaire !

Les ombres n'étaient pas dédoublées. Chaque poteau possède la sienne, mais cette dernière en cette soirée ensoleillée est allongée au point qu'elle en arrive à dépasser le premier poteau qui la jouxte pour aller se jeter aux pieds du suivant. Mais, si l'allongement démesuré explique l'apparent dédoublement de l'ombre portée d'un élément solitaire, ce dernier ne suffit pas à expliquer l'illusion obtenue. Il fallait encore trouver le seul et unique angle de vision sous lequel l'extrémité de cette ombre peu ordinaire semble entrer en contact avec la base du second poteau. Ce qui a été fait dans la photo précédente.
Ainsi notre hallucination n'était que le résultat d'une contiguïté équivoque, qui, d'un point de vue particulier, semble unir deux éléments distants dans l'espace. Contiguïté qui, pour moi, en arrive à faire flotter l'ombre supérieure au-dessus de l'ombre inférieure, remplaçant l'horizontalité du bitume par un plan vertical, contremarche illusoire venant former un contrepoint, brisé et décalé, avec la bordure du trottoir réel.

 

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BONUS
Poteaux quadruplés par leurs ombres
 

"Poteaux aux quatre ombres, 1", photo aux ombres incertaines.

 

 

 

"Poteaux aux quatre ombres, 2", photo aux ombres incertaines.

 

 

 

"Poteaux aux quatre ombres, 3", photo aux ombres incertaines.

 

 

 

 

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