Quatre poteaux liés, Paris, 2007
Poteaux-et-marche-1
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PLANSITE--------SITEMAP----

 

En cette image, le réel (les poteaux) et sa projection dessinée (les ombres) viennent conjuguer leurs efforts pour former un tracé à la continuité illusoire sur le papier photographique. C'est ainsi que l'extrémité des ombres portées des poteaux situés à gauche viennent buter de concert contre les poteaux suivants.
En cela le soleil est un dessinateur d'images équivoques. Les tracés ombrés dont il parsème sans relâche la surface terrestre, son support de prédilection, en arrivent parfois, sous certains angles de vision particuliers, à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Alors même qu'un dessin ordinaire réalisé sur papier par un être humain pourra être vu sous tous les angles possibles sans que nous puissions y trouver la moindre ambiguïté, le soleil, en associant les trois dimensions du réel à l'image plane et déformée qu'il en donne, se transforme en grand pourvoyeur d'ambiguïtés (mais aussi d'anamorphoses, voir à ce sujet :
La première anamorphose). Car à tourner autour de ce mélange incongru de réalité et de tracés ombrés, nous trouverons fatalement, un point de vue sous lequel leur articulation deviendra ambiguë.

Mais, le soleil n'est pas seul en cause, puisqu'ici une autre construction mentale peut encore être déduite des tracés de la photographie. C'est ainsi que je ne peux m'empêcher de relier deux à deux les angles droits que forment les ombres et la partie inférieure des poteaux. Par sa loi de similarité, la Gestalt peut expliquer ce phénomène optique. D'après elle, notre système perceptif ne peut s'empêcher de regrouper des éléments ayant une qualité graphique commune (orientation, taille, forme,...). Ici, mon esprit en arrive ainsi à relier les angles droits du réseau linéaire inférieur à ceux qui se trouvent au-dessus. Je parviens alors, après avoir imaginé mentalement ces lignes, à "voir" la marche d'un escalier imaginaire, telle que je l'ai représentée dans l'image ci-dessous.

Poteaux-et-marche-2

Puisque vous n'aviez peut-être rien vu, voilà donc ce que vous auriez pu voir si vous aviez quelque chose dans l'oeil. Mais, vous n'avez rien dans l'oeil : pas un seul moucheron, pas la moindre escarbille. Vous ne pleurez pas, vous êtes d'une insouciance qui vous aveugle et cela est très bien ainsi.

 

 

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