Ombrages, Saintonge, 2009.
"Ombre des ombrages", mot pris au pied de la lettre.
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PLANSITE-------SITEMAP----

 

Surtout ne prenez pas ombrage de ce que je vais vous dire: vous voyez double. Cette double vision ne relève pas d'un quelconque don de double-vue : vous voyez double car le texte qui s'affiche sur la façade de cette maison ensoleillée est redoublé. Ainsi, alors qu'assis à une terrasse ombrée, je dégustais une pinte de bière bien méritée en raison de la douceur du printemps saintongeais, j'aperçus ce texte, dont le redoublement me fit bondir de ma chaise. Je voulais en avoir le coeur net : une simple chope de houblon, réputé pour ses vertus relaxantes et dormitives, serait-elle la cause d'une vision tout autant redoublée que dédoublée ? Fort de cette contradiction fièrement assumée, je me dirigeai d'un pas digne vers cette façade. Et là, je fus rassuré : à cette heure là et de ce point de vue là, les rayons déclinants du soleil redoublaient, grâce à l'ombre portée, le nom de la demeure sur le calcaire coquillé charentais, afin que le passant innocent, quoique titubant, se jure de ne plus toucher à l'alcool. "Mais toucher n'est pas boire, répondit-il, je me suis fait servir !"

 

 

 

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