Les docks de Budapest, Budapest,
Budapest-Grue-2
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PLANSITE-------SITEMAP----

 

Nous sommes à Budapest et devons être là dans sa banlieue proche, là où les cargos et les porte-containers viennent charger et décharger les marchandises nécessaires à la vie quotidienne de la capitale. Il est en revanche difficile d'affirmer si la grue portuaire survole des volumes métalliques disposés sur le pont d'un cargo ou sur les quais du port. Car, la Duna est ici assez large pour accueillir des bâtiments beaucoup plus importants que la Seine, ce ruisseau français où les touristes photographiants sont plus nombreux que les vedettes et les péniches de petit gabarit.
Nous en aurions donc fini avec cette image qui ne semble guère poser de problème. Pourtant, quelque chose manque : le fleuve, dont la largeur vient d'être soulignée, n'est pas visible. Car, en dépit de la vue en plongée, nous ne voyons pas là le beau Danube bleu, mais un ciel légèrement bleuté parcouru de nuages verticaux. Étrange pays, étranges moeurs.
Afin de comprendre ce qui se joue ici, il faudrait que par un geste fortuit et malheureux, vous bousculiez l'écran de votre ordinateur pour lui faire subir une rotation de 90° vers la gauche. Cela étant fait, vous auriez alors sous les yeux la vue ci-dessous, qui présente un plan légèrement élargi de la photographie précédente.

 

Budapest-grue

 

Vous serez forcés de reconnaître que cette rotation, qu'elle soit volontaire ou non, entraîne un retournement de situation peu banal. Nous sommes maintenant dans le centre ville. L'extrémité de la flèche d'une grue, située au loin dans un chantier, semble entrer en contact avec un des réverbères que les hongrois ont coutume de suspendre par des câbles au beau milieu des rues de leurs agglomérations. Seul le câble presque vertical peut éventuellement appartenir à l'engin de chantier. Nous avons donc là en premier lieu un contact équivoque : deux éléments distants dans le réel semblent contigus dans l'image.
Mais à poursuivre, ce qui, en premier lieu, apparaissait comme étant des containers métalliques n'était en réalité que balcons d'immeubles. Cette fois, nous avons à faire à une superposition équivoque, puisqu'un seul et même élément, selon le regard que nous portons sur lui ou l'orientation sous lequel nous le contemplons peut prendre deux significations différentes. En cela, nous sommes là plus près d'une ambiguïté sémantique que d'une ambiguïté plastique. Car, le volume reste le même, aucune modification de l'orientation des différents plans n'étant présente, nous ne sommes pas devant une figure réversible qui oppose le concave au convexe (Dièdre de Mach) ou la plongée à la contre-plongée (Cube de Necker). Nous avons donc là une figure retournable, une de ces figures connues depuis le moyen-âge et dont l'exemple le plus connu, lorsque la rotation est de 90°, reste la carte postale d'un village africain reçue par Dali et qu'il comprît, par inadvertance, comme étant un visage cubiste lorsqu'elle fût perçue par lui sous un autre orientation :
http://www.virtualdali.com/35ParanoiacVisage.html

 

 

 

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