Porte plissée, Nangis, 2008.
Porte-de-Garage
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Je me demanderai toujours comment de petits parallélogrammes blancs en arrivent à plisser la surface plane, plate, mate et noire de cette porte, comment de si petites formes peuvent modifier la perception d'un élément aussi banal, connu et commun qu'une porte de garage de province briarde.
C'est que tracé à la surface d'une feuille de papier, cette même forme géométrique, tout en étant déjà ambiguë, aurait un impact beaucoup moins fort (voir le
Parallélogramme).
Pour en arriver à expliquer cette situation, nous devrons donc en passer par quelques lois de la
Gestalt que certains cognitivistes ont depuis longtemps enterrées et, qu'en mangeant leur chapeau, ils seront amenés à déterrer.

J'ai le sentiment que deux lois de la Gestalt entrent ici en conflit. D'un coté la loi de proximité tend à regrouper visuellement les parallélogrammes deux par deux, à l'intérieur de bandes horizontales. C'est ainsi que cette surface noire peut apparaître comme étant coupée en son milieu vertical pour former deux battants qui se rejoindraient sur cette axe de symétrie. La fuite apparente des parallélogrammes vers cet axe central et vertical tend à conforter cette interprétation. Mais d'un autre coté, la loi d'égalité me fait regrouper ces mêmes parallélogrammes en quatre colonnes successives. C'est ainsi que je crois voir une porte plissée qui alternerait bandes verticales ornées et bandes verticales monochromes. L'alignement en rangées verticales, qui peut paraître mineur, est pourtant présent, car si vous masquez de la main la moitié inférieure ou supérieure de la porte, l'illusion de pliure devient beaucoup moins prégnante.

Le plus drôle est que nous avons peut-être là une porte parfaitement plane et rigide que le propriétaire est amené à soulever d'un seul tenant afin qu'elle puisse se loger dans le plafond de son garage. Ainsi, je me demanderai toujours comment un être humain, qui, possédant un tel garage et ayant très peu de chance (ou de malchance) d'être un artiste, a-t-il pu avoir l'idée de placer ces formes là, de cette manière là, pour en arriver à produire cet effet de profondeur que nous subissons à la manière de cette oeuvre de Frank Stella qui, en dépit du concept, en ce cas, malvenu du shaped canvas, est censée nier une profondeur illusoire à la surface de la toile, alors qu'elle l'incarne si bien (voir Mas o menos quelque part sur le web, puisque le centre Pompidou, détenteur de l'oeuvre a la bonne idée de changer sans cesse l'adresse de la page, sans bien sûr faire de redirection, afin d'emmerder les webmestres amateurs qui essayent de faire un travail correct).

 

 

 

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