Arènes, Nîmes, 2006.
Rampe-dArles-1
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Après avoir vu les deux images précédentes et être ainsi devenu un spécialiste des figures réversibles, vous devriez trouver sans problème la principale forme ambiguë de cette vue des arènes d'Arles. Principale, car j'en arrive à trouver ici trois endroits pouvant prêter le flanc à une équivoque des orientations. Ainsi, les deux barrières métalliques noires situées en bas de la photo de part et d'autre de l'arc en plein cintre pourraient tout aussi bien être concaves que convexes ou planes. Mais voir une ambiguïté en ces deux détails est trop facile car les tenants et les aboutissants des deux éléments se perdent dans le hors-champ de l'image.
C'est donc la rembarde supérieure qui constitue le plus sûr et le plus évident motif d'équivoque de l'image. Car, en dépit de la présence des marches et du palier supérieur, je vois une forme angulaire convexe. Pire encore, le détail agrandi n'arrive toujours pas à me faire douter d'une interprétation qui n'a rien à voir avec la configuration, devenue plus explicite, du lieu. Alors que tous les poteaux de cette barrière sont fichés le long de la section verticale de l'escalier, je n'en persiste pas moins à imaginer là l'esquisse d'un volume perçu en contre-plongée, volume dont la base serait masquée par le muret de l'escalier perdu.

 

Rampe-d'Arles-2

 

La cause probable de la perception d'un volume en lieu et place d'une forme plane brisée est sans doute à chercher dans l'angle superieur médian de la balustrade métallique. Son angularité doit correspondre à une projection possible et surtout crédible de l'angle d'un volume véritable. Et, pour une raison que j'ignore, la prégnance de cet angle est telle qu'elle surpasse et annule les autres informations données par l'image. Je n'en veux pour preuve que le croquis raté que j'ai été amené à faire pour mettre en évidence la figure réversible qui est à l'oeuvre en cet escalier. N'ayant pas alors réfléchi à l'importance de l'angularité, j'avais tracé la première forme venant sous ma règle. Le résultat est là (voir ci-dessous). Bien que nous ayons là une figure véritablement réversible, puisque nous pouvons imaginer trois orientations possibles pour cette forme (la convexe, la concave et la plane), la volumétrie du dessin est beaucoup moins prégnante que celle de la photographie. La raison possible de cet écart est que l'angle obtus du dessin étant beaucoup plus ouvert que celui de la photo, le premier nous renvoie plus difficilement à l'image d'un coin de volume que le second.

 

Rambarde2

 

Mais, en contrepartie et en ce cas précis, le dessin présente une réversibilité plus équilibrée que l'image du réel. Et c'est là que réside tout le paradoxe de cette photographie. Obligées d'évoquer en notre esprit le concave et la convexe, les figures réversibles dessinées peuvent, à ce titre, nous faire oublier la planéité de leur forme. Mais ici c'est la photo qui en arrive à travestir la réelle platitude d'un de ses éléments. Ainsi, bien qu'elle affiche la fonction d'un escalier, fonction qui, après un moment d'égarement visuel, devrait nous ramener à la raison, cette photographie achoppe à rendre compte du réel.

 

 

 

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