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À ceux qui croiraient encore que les illusions d'optique ne se trouvent que dans les livres, voici une nouvelle série d'images, prises dans la rue, qui prouve qu'il suffit bien souvent de se promener le nez au vent et l'oeil aux aguets pour se heurter à l'ambiguïté du monde. Ces rencontres fortuites devraient vous amener à comprendre que l'illusion n'est pas confinée au dessin en deux dimensions. Pour autant, gardez-vous de tomber dans l'excès inverse : l'illusion n'est pas non plus dans un réel qui chercherait à vous berner. Vous savez très bien que le réel ne vous porte aucune attention particulière et que la seule intention qu'il pourrait nourrir à votre égard, si tant est qu'il puisse en avoir une, est de vous conduire à la mort. Puisqu'elle n'émane ni de la représentation, ni de la réalité, qui n'en sont que les supports matériels, l'illusion se niche donc dans le regard que vous portez sur le monde : dans la perception faillible et défaillante que vous en avez. Quoiqu'il en soit vous avez là, devant les yeux, un bel exemple de volet métallique parisien. Ces volets ont pour fâcheuse habitude de couiner, grincer, piailler, éructer avant que de rester bloqués, un jour ou l'autre, par la rouille, le gel ou l'inactivité. Pire encore, lorsque vous essaierez de remédier à cette situation de blocage, vous ne manquerez pas de vous pincez les doigts dans l'une des nombreuses charnières de l'ensemble, ajoutant ainsi un piaillement humain aux grincements métalliques, qui, pour lors, s'étaient enfin tus.
Malheureusement, la réalité est toute autre. Car à bien observer ces soi-disants panneaux pliés à angle droit, vous serez bien forcés d'admettre que nul intervalle vertical, nulle séparation, nul espace, nulle charnière, ne viennent rompre la continuité de la surface métallique. En fait, seul le changement de direction des fentes est à même de nous signifier la présence d'une pliure. Mais cette pliure est toute illusoire puisque les lignes qui la fondent sont les cotés d'un angle droit et plan. La vue frontale des volets fermés (photo ci-dessous) révèle le leurre. Les charnières bien visibles ne passent pas par la pointe inférieure d'angles qui se contentent de suivre et d'épouser la surface plane de chaque panneau. Et pourtant, cette dernière photo ne nous satisfait pas totalement. Bien qu'avertis de la planéité de ce volet, nous ne pouvons nous empêcher de voir des creux et des pleins. C'est que nous avons là une figure réversible bien connue répétée à l'envi : le Dièdre de Mach (voir croquis présenté plus bas).
Mais le réel est plus complexe, puisqu'en dépit de la domination des concavités illusoires, nous pouvons, en forçant notre attention, renverser les creux et les reliefs de la photo de deux manières différentes. Vous pouvez tout d'abord considérer les charnières comme étant l'axe vertical autour duquel va s'opérer le renversement des orientations de deux panneaux conjoints. Pourtant cette réversibilité de l'espace peut encore s'appuyer sur les pointes des angles. Pour cela, sans que vous vous en rendiez compte et que vous ayez le moindre effort à fournir, votre cerveau va inventer une ligne verticale fictive reliant les pointes inférieures des angles. Puis, partant de cette ligne imaginaire, il pourra renverser l'orientation des deux moitiés d'un seul et même panneau. Cette ligne fictive est essentielle, en ce qu'elle est à l'origine de la pliure que nous avions cru percevoir à l'intérieur des panneaux plans et pleins des deux premières photos présentées en cette page qui s'achèvera là.
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