Ink, 42x29,7cm, feutre et encre,
Bホdホ : Ink
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PLANSITE-----SITEMAP----

ANALYSE

C'était la grande époque du travelling arrière. Jodorowsky avait peut-être déjà sorti son film La Montagne sacrée, où, en un plan final majestueux et inattendu, le recul lent et régulier de la caméra permettait de montrer l'équipe des techniciens, éclairagistes, preneurs de son et autres personnes indispensables à la production cinématographique. C'était aussi la grande époque de la désoccultation : il fallait par n'importe quel moyen (et le travelling arrière en était un) montrer l'infrastructure des moyens de production. La sémiologie se teintait alors de marxisme.
Pourtant, dans mon souvenir le propos était tout autre. Je ne voulais pas tant dévoiler l'encrage d'une planche de bande-dessinée, que laisser croire au lecteur que cette silhouette, ce personnage de fiction, n'était là que par inadvertance : une tâche, le simple résultat d'une maladresse, un flacon d'encre renversé.

Mais où est l'ambigu ici? Dans le simple fait que nous croyons passer de la fiction de la première vignette au soi-disant réel de la seconde. Soi-disant, car chacun sait que toutes ces mises en abîme, ces désoccultations forcées, ces travelling arrière resteront toujours et à jamais dans le champ de la représentation. Vous avez là encore une représentation : celle d'une désoccultation, qui mériterait, elle-aussi d'être désoccultée.

 

 

 

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