Escalier, jardin des Tuileries, Paris,
Escalier-Tuileries-1
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Avec cette image, nous allons aborder une troisième méthode permettant d'aplatir les escaliers parisiens. Et, en dépit de l'utilisation répétée d'alignements plastiques, chaque méthode n'en possède pas moins ses propres effets, qui en arrivent à des situations d'aplatissement différentes. Ainsi, alors que l'escalier de Bercy pouvait paraître à certains égards vertical, tandis que l'escalier du Palais de Tokyo devenait horizontal, nous avons avec l'escalier du jardin des Tuileries un plan oblique rectiligne et continu. Ainsi, cet autre point de vue ne cherche pas tant à modifier la fonction de tout escalier que d'en modifier les modalités.
Si nous percevons bien les marches qui permettent de gravir, pas à pas, de façon graduelle et rythmée, la déclivité qui sépare le jardin de la rue de
Rivoli, nous voyons, sur le bord gauche s'opérer une transformation. Ces marches, pourtant constituées de plans orthogonaux successifs, alignent leurs arêtes pour donner lieu à un plan incliné rectiligne et continu. Comme si par une volonté délibérée, l'architecte en chef des monuments historiques avait voulu concilier en une seule et même construction deux usages distincts de l'escalier : l'une destinée aux bipèdes et quadrupèdes de tous poils, l'autre aux poussettes, fauteuils-roulants, planches à roulettes, patins, rollers et caddies de supermarché.
Il est un fait que la juxtaposition sans faille de ces deux usages est en réalité impossible (quoiqu'une torsion lente et progressive des marches et contremarches pourrait sans doute donner lieu à quelque chose d'approchant). Seul un point de vue particulier sur cette construction en arrive à donner l'illusion d'une ligne oblique continue, qui suggère ensuite l'existence d'un plan incliné, dont nous supputons, à juste titre, l'absence.
Paradoxalement, l'exemple présenté ci-dessous montre que le dessin a fourni depuis longtemps le modèle de ces escaliers soi-disants impossibles (
voir l'analyse du croquis).

 

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L'intérêt de cette photo, si intérêt il y a, est qu'ici, au contraire des différentes constructions dans le réel des autres soi-disants et prétendus escaliers impossibles (Escalier de Penrose, Escalier d'Escher), rien n'a été touché, retouché, manipulé pour en arriver à cette illusion d'impossibilité. Ainsi, la construction d'une figure dite impossible ne relève pas tant d'un casse-tête tridimensionnel à résoudre que d'un simple point de vue particulier sur le monde.

 

 

 

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