FRAC le Plateau 2, Paris,
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PLANSITE--------SITEMAP----

 

Pour faire développer la pellicule sur laquelle était fixée cette photo, j'ai dû, en bon citoyen économe de piles, jeter mon appareil jetable. Après avoir récupéré les photos, toutes censées être pour un motif ou un autre ambiguës, je suis tombé en arrêt devant cette image, me demandant l'équivoque raison pour laquelle j'avais bien pu la prendre. Je voyais bien le lieu où elle avait été prise (près du Plateau, ce centre d'art contemporain parisien mais surtout pas parisianiste, qui m'avait déjà permis de prendre un superbe cliché ensoleillé (suivre ce lien), mais ne souvenais plus de la raison qui avait pu aboutir à cette prise de vue. Je me suis donc raconté l'histoire suivante : "Tu as pris cette photo en raison du jeu, à la fois chaotique et rythmé, des obliques, ou pour le contraste des matières et des couleurs, ou bien encore pour les écritures colorées, joyeuses, libres, vivantes et antidémocratiques d'egos incertains et démesurés d'adolescents qui viennent donner un peu de vie à ce béton vieillissant et funèbre auquel ils sont obligés de s'adosser afin que les murs ne s'écroulent pas." Quelques semaines ou quelques mois plus tard, je repris ces photos dans le but de les scanner. Revoyant cette image, je fus encore et tout d'abord interdit, pour me rendre ensuite à l'évidence qui ne voulait plus, depuis bien longtemps, me sauter aux yeux : cette photo, prise sous cet angle là, est ambiguë et avait bien été prise dans ce but.
Cherchez, cherchez, cherchez regardeurs de tous poils et de toutes espèces.
Cherchez et vous verrez que les deux immeubles placés à angle droit ne peuvent se joindre, qu'une distance conséquente les sépare, qu'un espace important les disjoint. Mais quels indices peuvent donc bien nous fournir la preuve d'une discontiguïté si peu évidente qu'elle avait disparu de la pensée de celui-là même qui en était l'inventeur ? Les fenêtres, tout simplement les fenêtres ! Si vous comparez, ci-dessous, la dernière colonne de fenêtres du bâtiment fuyant avec la même colonne de l'immeuble blanc, vous vous rendrez compte que l'écart de taille est trop important pour que ces ouvertures soient proches l'une de l'autre. Ainsi, à vue d'oeil, un espace d'une vingtaine de mètres sépare ces deux bâtiments, et de ce fait, la porte de tôle ondulée ne pourra jamais s'ouvrir sur une cour fermée.
Nous avons donc là un contact équivoque de lignes : celles des coins des deux immeubles qui, en cet endroit, se confondent. Un ou deux pas à droite et nous verrions le ciel apparaître entre ces murs, un ou deux pas à gauche et le bâtiment proche et ancien recouvrirait sans aucun état d'âme l'immeuble du fond.

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