Ombre humaine, Salon, 2001.
Ombre-de-l'ego
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Je devais avoir le dos tourné à la rue et au soleil, comme je tourne le dos à la vie, pour que j'en arrive à photographier mon ombre portée sur le mur du petit salon dont je reconnais la fenètre. Mais comment le rideau situé à droite, marquant le début du mur, a-t-il pu laisser dépasser mon coude : ça je ne saurais vous le dire. Je sais seulement que j'étais en train d'épier mon ombre que vous regardez maintenant d'un endroit fort éloigné dans le temps et l'espace.
Mais, l'effarant dans cette photo n'est pas tant le coude qui dépasse que sa longueur démesurée. À le comparer avec son homologue, et à regarder les autres éléments symétriques de ce corps dit humain, nous comprenons qu'une déformation progressive et graduelle s'est installée qui, peu à peu, de la gauche vers le droite allonge les formes. Cette situation n'est pas sans rappeler les anamorphoses que les artistes baroques gravaient sur le papier et peignaient sur les murs. Ainsi, en ce jour ensoleillé, un observateur se plaçant à l'opposé du photographe n'aurait perçu de son propre point de vue latéral qu'une silhouette normale et ordinaire projetée sur le mur. Car ici, nous sommes placés du mauvais coté de l'anamorphose, du coté qui déforme encore plus le dessin déjà allongé qu'un spectateur placé face au mur aurait pu observer. Avec cette image, nous avons, comme avec toute image ordinaire, trois points de vue qui donnent lieu à deux versions déformées et une troisième bien proportionnée. Si ce n'est que la vision juste de l'anamorphose se situe dans la latéralité gauche plutôt que dans la frontalité ou la latéralité droite et que ces deux déformations allongent l'image originelle au lieu de la rétrécir.
En cela, nous avons une superposition équivoque. Mais, nous aurons du mal à assimiler cette anamorphose là avec les figures ambiguës en ce qu'à la différence de ces dernières, la vision des trois images nécessitent au mieux une modification de l'angle de vision du papier photographique et au pire un déplacement du spectateur dans le réel passé et perdu depuis bien longtemps.

 

ADDENDUM
Cette photo a été utilisée dans une autre page du site consacrée à
La première anamorphose

 

 

 

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