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Tableau des ambiguités d'orientation des lignes.
CLASSIFICATION DES AMBIGU↓TテS DE LA DIRECTION DES LIGNES

AVERTISSEMENT

Je conviens qu'il n'est pas facile de comprendre le tableau présenté ci-dessus : d'arriver à percevoir les diverses et contradictoires orientations que peut prendre une même ligne tracée à la surface de la feuille. Pour vous aider en cette tâche malaisée, sachez tout d'abord que les lignes continues sont la représentation bidimensionnelle de directions pouvant se diriger dans les trois dimensions de l'espace. Les lignes pointillées expriment quant à elles la distance au sol (la dalle vue en perspective cavalière) du tracé dans le réel.
Ceux qui ont du mal à visualiser les trois dimensions de l'espace en des croquis aussi schématiques ont tout intérèt à aller voir le site suivant :
http://gandalf.psych.umn.edu/~kersten/kersten-lab/shadows.html
Là, en déroulant la page, allez à
The ball in box, shadow illusion, animation qui convaincra le plus réfractaire des cyclopes qu'une même direction à la surface de l'écran peut exprimer des trajectoires totalement différentes dans l'espace. Vous trouverez sur ce site en anglais d'autres animations en QuickTime qui montrent l'importance des ombres quant à la localisation spatiale d'un élément. Certaines en arrivent à me faire hurler (intérieurement) de rire.

 

Pour atteindre la structure de l’ambiguïté, nous devons trouver les différents rôles que le système de la représentation attribue aux lignes. Car si le conflit de la hauteur et de la profondeur est le véritable enjeu de l’ambiguïté, ces deux notions contradictoires peuvent être supportées par une même ligne. Un détail d’une image qui nous a déjà beaucoup servi, permet, en dissociant les lignes, de distinguer ces deux rôles. Revenons au Frontispice de William Hogarth. La poutre oblique de l’Enseigne, qu’elle soit fixée au premier ou au deuxième bâtiment, est censée être située dans un plan qui nous fait face, tandis que plus bas, la canne du pêcheur prend une direction oblique fuyante. Tandis que la première s’élève, la seconde s’éloigne, pourtant toutes deux n’en suivent pas moins un trajet apparemment parallèle. Ainsi, grâce à la confrontation de ces deux lignes, Hogarth annonçait déjà l’ambiguïté de l’obliquité : leur juxtaposition nous permet de visualiser simultanément les rôles successifs qu’elles peuvent jouer par ailleurs. Il serait pourtant présomptueux de croire qu’une simple opposition d’obliques peut résumer à elle seule la totalité du domaine qui nous occupe. Car, certaines lignes aperçues dans le corpus ne peuvent être jugées à l’aune de cette opposition, et rien ne permet de penser que l’ambiguïté s’arrête aux obliques. C’est ainsi que pour avancer, nous allons essayer d’énumérer sous la forme d’un tableau l’ensemble des ambiguïtés des lignes verticales, horizontales et obliques.

La classification des ambiguïtés des lignes (tableau 19) permet d’avoir un aperçu quasi exhaustif des confusions que les lignes peuvent engendrer à l’intérieur d’une représentation en deux dimensions. Les rangées de ce tableau présentent les trois principales catégories de lignes : les horizontales, les verticales et les obliques. Les colonnes affichent ensuite les différentes directions, qu’une même ligne peut prendre à nos yeux. Ainsi, en situant chaque ligne dans un plan vertical frontal parallèle au plan du spectateur, la première colonne commence par répondre à la définition de chaque catégorie. Sur cette disposition, qui correspond à l’attente du spectateur, viennent se plaquer d’autres orientations qui génèrent des ambiguïtés de direction. La deuxième colonne suppose donc que le tracé de ces lignes s’inscrit dans un plan fuyant au sol, tandis que la troisième le place dans un plan fuyant incliné qui s’élève peu à peu au-dessus du sol. Enfin, des lignes pointillées imaginaires ont été ajoutées, qui permettent de comprendre la situation dans l’espace des lignes continues. Leur longueur exprime la hauteur de la ligne par rapport au plan du sol, et leur point de contact au sol son éloignement à la surface de ce dernier.

À commencer par la rangée supérieure, nous voyons qu’une ligne horizontale vue en plongée ne peut donner lieu à une quelconque incertitude. En effet, cette ligne horizontale n’arrive pas à s’inscrire dans une direction fuyante ou oblique. La rangée suivante présente une verticale “normale” montant au ciel, et une ligne qui, en s’éloignant sur le sol perpendiculairement au plan du spectateur, prend la même apparence. Ces deux lignes fondent ainsi un conflit qui oppose la frontalité à l’éloignement. La dernière rangée nous fait revenir en terrain connu. La première ligne est une oblique frontale qui s’élève peu à peu dans les airs, la suivante dessine une oblique fuyant au sol, et la dernière, une fuyante inclinée dans un plan montant, combine les deux directions précédentes. Nous retrouvons là les trois interprétations possibles d’une oblique, que le Pont et l’Emboîtement nous ont permis de repérer.

 

Figure dite impossible : "Pont de B.".Figure ambigue :"Emboitement", dessin.

 

Bien que résumant assez clairement les différents pôles des différentes ambiguïtés de lignes, ce tableau pose pourtant plus de problèmes qu’il n’en résout. Ainsi, nous ne savons pas pourquoi une verticale est plus ambiguë qu’une horizontale et moins qu’une oblique. De même, nous aimerions bien savoir si une oblique peut combiner ses trois orientations possibles sur son tracé. Enfin, ce tableau traitant des lignes en contact avec le sol, nous ne pouvons manquer de nous demander ce qu’il advient lorsqu’elles ne touchent plus terre.

 

 

 

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