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Tableau des contacts et alignements ambigus.
COMBINAISON DES CONTACTS ET ALIGNEMENTS EQUIVOQUES

Le tableau n° 31 recense toutes les combinaisons possibles de contact et d’alignement équivoques. La rangée supérieure ne nous concerne pas encore, puisque ces images, du fait de la séparation de leurs éléments et malgré un éventuel contact au sol de leurs volumes, relèvent de l’alignement. Les figures de la rangée inférieure combinent quant à elle les deux contacts nécessaires à la formation d’un conflit de contiguïtés. Celle de gauche, absente du corpus, a été fabriquée à partir d’une figure personnelle pour les besoins de la démonstration. En effet, cette variante prouve qu’un contact équivoque de volumes peut se passer de tout alignement. Tandis que le contact entre éléments dispose les barres en escalier, le contact au sol les échelonne sur un plan horizontal en les séparant. Malgré l’évidente contiguïté des éléments, le contact au sol perdure. S’il est vrai que cet escalier est fragilisé par un assemblage peu crédible d’arêtes, nous devons subir la prégnance du contact au sol. En effet, dès que nous écartons les barres l’une de l’autre à la manière de la figure supérieure, la plupart d’entre nous privilégient l’échelonnement vers le lointain, sans se soucier d’une possible lévitation des volumes. Ainsi, même en l’absence de la représentation du sol, la perception humaine s’attache à retrouver la disposition la plus commune qui soit, celle qui consiste à placer des volumes à la surface du plan terrestre.

Bien qu’elle soit la variante d’une figure personnelle (fig. B1, tableau 28), l’image de la colonne suivante ne fait pas non plus partie du corpus. À la différence de la précédente, cette figure associe un alignement au traditionnel conflit qui oppose le contact au sol à celui entre éléments. De manière surprenante, cet alignement ne vient pas renforcer une des contiguïtés en présence, mais ajoute une interprétation supplémentaire à l’image. En effet, l’enchaînement des sections gauches des barres nous incite à croire à un empilement vertical des volumes, qui se distingue des interprétations soutenues par les contacts que sont la disposition oblique en escalier, et l’échelonnement horizontal au sol. Cette alternative à trois branches, prouve que l’alignement peut jouer un rôle autonome, distinct de ceux que tiennent les contiguïtés. Pourtant, de même que nous devions renier le contact au sol de la figure précédente pour voir un escalier, l’empilement des volumes à la verticale n’apparaît qu’en dernier lieu. Nous sommes ainsi obligés de constater une hiérarchie dans les choix de la perception, qui semble privilégier la disposition la plus habituelle, le contact au sol, pour passer ensuite par la plus visible, le contact entre éléments, et aboutir enfin à la plus faible et la plus improbable, l’alignement à la verticale des volumes.

La troisième figure, qui présente simultanément deux contacts et deux alignements, est encore la variante d’une figure personnelle. Seule différence avec l’original (fig. B1, tableau 29), les extrémités horizontales des volumes coudés ne forment plus un escalier. Mais, comme nous l’avions vu alors, chacune de ces quatre relations plastiques ne donne pas lieu à une interprétation différente de l’image, et le rôle de l’alignement se limite parfois à renforcer l’action d’une des contiguïtés en présence. Ainsi, le contact au sol, qui dispose les masses de la gauche vers la droite, est soutenu par l’alignement latéral de la face avant de la base des volumes. Pendant ce temps, le contact entre éléments, qui est quant à lui beaucoup plus difficile à percevoir, voit son action renforcée par un deuxième alignement. Sous des faux airs de fuyante, l’alignement des coudes des volumes favorise leur échelonnement en profondeur vers la gauche, en laissant supposer qu’ils sont conjoints par leurs arêtes. Avec cette figure, l’alignement perd donc son autonomie, pour devenir le simple allié des contacts dans le conflit primordial des contiguïtés.

Enfin, la quatrième figure est une variante de la troisième, qui a été inventée pour l’occasion afin de montrer l’action réciproque de trois alignements et des deux contacts. Cette figure montre que l’ajout d’un troisième alignement ne modifie pas l’enjeu du conflit. En reliant l’extrémité droite des barres horizontales, ce nouvel alignement, qui suppose que tous ces volumes sont à une même distance, renforce en effet l’action du contact au sol. Ainsi, les alignements verticaux et horizontaux de cette figure favorisent le contact au sol, tandis que l’alignement fuyant penche du côté de la contiguïté des éléments. Deux relations régissent donc les rapports du contact équivoque et de l’alignement ambigu. Tandis que la première suppose que le contact et l’alignement sont indépendants, la seconde asservit les alignements au conflit des contacts.

 

 

 

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