LISTE

"Les superpositions inversées de la figure et du fond"

 


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Vous trouverez ci-dessous une liste de paradoxes de la langue qui, d’après moi, utilisent le principe de la superposition inversée pour en arriver à ces incohérences particulières du langage. Si vous désirez comprendre les raisons pour lesquelles ce mécanisme plastique hérité de la classification des images impossibles et ambiguës a été appliqué à ces paradoxes de la langue, veuillez consulter la page intitulée :
L’impossible de la figure et du fond

1. MÉTALANGAGE

LE MÉTALANGAGE

Le métalangage relève de la figure et du fond en ce que, à la manière du Vase de Rubin où les deux images s'excluent mutuellement, nous ne pouvons être, en même temps dans le langage et le discours qui est porté sur lieu. À poursuivre, notre comparaison avec l'image, tout discours relèverait de la figure explicite, ce qui apparaît de prime abord, tandis que le métalangage provient d'un fond implicite, discours sur le discours, commentaire tout autant que source du discours donné, excluant ou exclus, en succédant ou en précédant.
À la différence des paradoxes, le métalangage peut être appliqué à tout énoncé, y compris aux énoncés paradoxaux qui, paradoxalement, semblent susciter et nécessiter d'innombrables discours qui relèvent de la métalangue.

A. EXEMPLES CITÉS PAR NICHOLAS FALLETTA

"L’ensemble de tous les ensembles qui ne sont pas éléments d’eux-mêmes est-il élément de lui-même?” RUSSEL, Paradoxe de Russel 1901. (p. 128)

“Considérons deux ensembles d’adjectifs : ceux qui se décrivent eux-mêmes : “autodescriptifs” et ceux qui ne se décrivent pas eux-mêmes : “non autodescriptifs”. Auquel de ces deux ensembles appartient l’adjectif “non autodescriptif”?”
KURT GRELLING, Paradoxe de l’hétérologie, variante 1. (p.133)

“Plus simple est la version du paradoxe où l’un des ensembles contient les qualificatifs “vrais d’eux-mêmes” et l’autre les qualificatifs “non vrais d’eux-mêmes”. Auquel appartient le prédicat “non vrai de soi-même”? De toute évidence, il ne peut être à la fois vrai et non-vrai de lui-même, comme cette variante du paradoxe le laisse croire.”
KURT GRELLING, Paradoxe de l’hétérologie, variante 2. (p.133)

“Le plus petit nombre entier ne pouvant être exprimé en moins de quinze mots”. Il semble que ce nombre soit 1 297 297 ( un million deux cent quatre-vingt-dix-sept mille deux cent quatre-vingt-dix-sept). Mais allons plus loin. L’expression “le plus petit nombre entier ne pouvant être exprimé en moins de quinze mots” est elle-même une dénomination du nombre en question et comporte quatorze mots ! Nous sommes donc face à une contradiction : le plus petit nombre entier ne pouvant être exprimé en moins de quinze mots est en fait exprimable en moins de quinze mots.”
G. G. BERRY, Le paradoxe du plus petit nombre entier, publié par RUSSEL 1908. (p.135)

“Je mens.” Pseudomenon. (p.137).

“Cette proposition n’est pas vraie.” (p.137).

“Je ne suis pas démontrable.” GÖDEL. (p.145)

“Cette phrase-ci est fausse.” P. F. STRAWSON. (p.147)

B. EXEMPLES CITÉS PAR PAUL WATZLAWICK

“Faites cadeau à votre fils Marvin de deux chemises de sport. La première fois qu’il en met une, regardez-le avec tristesse, et dites-lui d’un ton pénétré : “Alors, et l’autre, elle ne te plaît pas?”
Une logique de la communication, Éditions du Seuil, 1972, p.211

“Je n’étale pas mes opinions au grand jour.”
La réalité de la réalité, Éditions du Seuil, 1978, p.24

“Sois spontané.”
La réalité de la réalité, Éditions du Seuil, 1978, p. 28

“Selon une histoire très ancienne, qui a autant dépité les philosophes que les théologiens, le diable mit un jour en cause la toute-puissance de Dieu en lui demandant de créer un rocher si énorme que Dieu lui-même ne saurait le soulever. Quel choix restait-il à Dieu ? S’il ne pouvait soulever le rocher, il cessait d’être tout-puissant; s’il pouvait le soulever, il était donc incapable de le faire assez gros.”
La réalité de la réalité, Éditions du Seuil, 1978, p.24

2. PARADOXES

PARADOXE DU MENTEUR

Comment pouvons-nous placer un texte aussi court dans l'implicite de la langue ? Que reste-t-il de notre belle distinction qui associe globalité et implicite, ponctualité et explicite ? À l'évidence, nous n'avons pas là un roman, à l'évidence cette atteinte au récit ne peut être étendue à tout texte et tout discours. Pourtant, ce paradoxe est un texte entier, refermé sur lui-même, mais fini et complet. Pire encore, à l'instar de n'importe quel roman, le paradoxe va jusqu'à citer son auteur, car sans son auteur, plus de paradoxe. La boucle est donc bouclée.
La théorie des paradoxes veut qu'un ensemble ne puisse être membre de lui-même. Ainsi celui qui cite ne peut être membre de la citation. C'est en brisant cette inclusion que le paradoxe disparait.

A. EXEMPLES CITÉS PAR NICHOLAS FALLETTA

“Dans un village se trouve un barbier. Respecté de tous et expert en son métier, il rase tous les hommes du village qui ne se rasent pas eux-mêmes, et seulement ceux-là. On demande : “Qui rase le barbier ?” RUSSEL, Paradoxe du barbier, 1918 (cité p.127)

“On demande à un menteur s’il ment lorsqu’il affirme être en train de mentir. S’il répond : “Oui je mens”, de toute évidence, il ne ment pas, car si un menteur affirme qu’il ment, alors il dit la vérité. À l’inverse, s’il répond : “Non, je ne mens pas”, alors il est vrai qu’il ment et, par conséquent, il est en train de mentir.”
attribué à Eubulide de l’école de Mégare, VI ème av. J.-C. (p.137).

“Tous les Crétois sont menteurs.” Épiménide de Crète. (p.137).

“La célèbre carte mise au point par la mathématicien français Jourdain en 1913 : on peut lire au recto “La phrase écrite de l’autre coté de cette carte est vraie” et au verso “La phrase écrite de l’autre coté de cette carte est fausse”. (p.137).

“Socrate énonce simplement : “Ce que dit Platon est faux”, et Platon : “Ce que dit Socrate est vrai.” Si nous disons que ce que dit Platon est faux, alors ce que dit Socrate est nécessairement vrai. Or, Socrate déclare que ce que dit Platon est faux. Donc, ce que dit Socrate est nécessairement faux. En conséquence, il nous faut conclure que l’assertion de Socrate est vraie et fausse en même temps.”
Jean Buridan XVIème, (cité p.139).

“Supposons que Socrate jure de ne vous dire que des choses fausses, et que, plus tard, il vienne et vous déclare : “Vous êtes une pierre.” Eu égard à son serment, Socrate dit la vérité. Mais on peut soutenir aussi qu’il ment, puisqu’il ne dit que des choses fausses. Donc, une même personne peut à la fois mentir et dire la vérité.” (p.139).

B. EXEMPLES CITÉS PAR BERNARD DUPRIEZ

ANTILOGIE (p. 53) : contradiction entre les idées.

“Même si c’est vrai, c’est faux.”
MICHAUX, Tranches de savoir.

PARALOGISME (p.322) : faux raisonnement
Différent des paralogismes du faux contact de la figure en ce qu'en dans l'exemple suivant, le texte, en parlant de lui-même et plus précisément de sa propre définition, prend la forme du métalangage:

“L’inconnaissable est connaissable puisque je peux connaître qu’il est inconnaissable.”

C. DIVERS

“No repeat, no repeat, no repeat...”

 

 

 

 

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