Hôtel Marais, Paris, 2007.
Musee-Serrure-1
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PLANSITE-----SITEMAP----

 

Si il ne faisait pas si gris. Si il n'y avait pas cette fenêtre à carreaux. Si l'on n'apercevait pas ce chien assis dans la pénombre (Quel chien dans la pénombre dit l'idiot? Quel chien?). On pourrait presque croire qu'un piquet, posé à l'oblique, tend le vélum gris ardoise protégeant la terrasse des ardeurs du soleil.
Mais ici, place de
Thorigny, devant le porche de l'ancien musée de la serrurerie, une hampe solitaire et inutile, en attente du drapeau qu'elle a porté et qu'elle portera de nouveau, s'élance vers le ciel laiteux au dessus du bitume parisien. Et sous cet angle, une contiguïté plastique équivoque veut que nous puissions parfois imaginer que le sommet de sa pointe vient piquer l'angle de la toiture de l'avant-corps latéral. Ainsi, pour celui qui la contemple de ce point de vue bien particulier, cette hampe aplatit sans le savoir la profondeur réelle de l'espace.
De même comme pour d'autre photos présentées ici, nous pourrions retrouver en cette image le tracé d'une
Tripoutre. La première barre serait la hampe, qui serait en contact, certes illusoire, avec la seconde, représentée par l'arête de la toiture et l'angle du mur, qui, elle-même, se poursuivrait dans la troisième poutre, formée par la corniche du porche avec lequel elle forme un angle droit. La boucle étant bouclée, ces trois éléments, étant supposés contigus, entretiendraient une relation spatiale impossible. Mais, ici, ce n'est pas tant ce nouvel exemple de Tripoutre qui va nous intéresser que la quantité impressionnante d'ambiguïtés que peuvent receler les villes et leurs architectures.

 

Musee-Serrure-2 

Ainsi, en se déplaçant de quelques mètres sur le même trottoir, nous pouvons trouver une nouvelle contiguïté équivoque en forme de Tripoutre. Cette fois la pointe de la hampe vise moins haut, en feignant une contiguïté avec l'angle de la corniche de l'avant-corps du bâtiment situé à sa droite. Hampe ambitieuse qui se croit dotée du pouvoir de soutenir, de tendre et d'étirer, le calcaire d'Île de France. Puis, nous déplaçant une nouvelle fois, nous aurions pu encore la voir rejoindre une gouttière, une cheminée, un autre angle de bâtiment. C'est donc ainsi que les illusions vivent : tapies dans le réel à attendre qu'une conjonction de circonstances les fasse surgir du néant où elles reposent.

 

NOTA BENE
Vous pourriez voir d'autres déplacements variables et variés, aussi appelés déambulations, donnant lieu à des ambiguïtés spatiales plus évidentes en suivant un des liens suivants :
Déambulation aux trois contacts équivoques
Déambulation aux trois principes plastiques de l'ambigu

 

 

 

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