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Tableau des ambiguités d'orientation des lignes volantes.
CLASSIFICATION DES AMBIGU↓TテS DE LA DIRECTION DES LIGNES VOLANTES

AVERTISSEMENT

Je conviens qu'il n'est pas facile de comprendre le tableau présenté ci-dessus : d'arriver à percevoir les diverses et contradictoires orientations que peut prendre une même ligne tracée à la surface de la feuille. Pour vous aider en cette tâche malaisée, sachez tout d'abord que les lignes continues sont la représentation bidimensionnelle de directions pouvant se diriger dans les trois dimensions de l'espace. Les lignes pointillées expriment quant à elles la distance au sol (la dalle vue en perspective cavalière) du tracé dans le réel.
Ceux qui ont du mal à visualiser les trois dimensions de l'espace en des croquis aussi schématiques ont tout intérèt à aller voir le site suivant :
http://gandalf.psych.umn.edu/~kersten/kersten-lab/shadows.html
Là, en déroulant la page, allez à
The ball in box, shadow illusion, animation qui convaincra le plus réfractaire des cyclopes qu'une même direction à la surface de l'écran peut exprimer des trajectoires totalement différentes dans l'espace. Vous trouverez sur ce site en anglais d'autres animations en QuickTime qui montrent l'importance des ombres quant à la localisation spatiale d'un élément. Certaines en arrivent à me faire hurler (intérieurement) de rire.

 

La classification des ambiguïtés des lignes volantes (tableau 20, ci-dessus) applique à des lignes la perte du contact au sol que nous avons déjà fait subir à des rectangles (tableau 18). Mais, afin de percevoir les termes de ces nouvelles ambiguïtés, il est parfois nécessaire d’opposer une figure volante de ce tableau à son homologue terrestre du précédent (tableau 19). À suivre ce principe, la première rangée prouve qu’en se libérant du sol, l’horizontale peut occasionner une lecture ambiguë de sa position. Car, en l’absence d’ombres portées ou d’autres indices déterminants, nous sommes dans l’incapacité d’affirmer la position d’une horizontale : au sol ou dans les airs. L’horizontale étant la seule ligne qui, vue sous cet angle, résistait à une lecture équivoque, la règle de l’ambiguïté du contact au sol se voit confirmée. Par, contre, les autres lignes ne vont rien nous apprendre de nouveau, qui ne peuvent, quant à elles, que dédoubler leur ambiguïté première. Ainsi, nous voyons apparaître dans la deuxième rangée, deux nouvelles visions possibles d’une verticale. La première suppose que ce type de ligne perde l’unique point de contact qui la retenait encore au sol, tandis que la seconde prétend qu’une ligne fuyant perpendiculairement au spectateur peut tout aussi bien le faire au sol que dans les airs. Enfin, la dernière rangée montre les trois versions volantes des trois directions possibles d’une même oblique.

Pour lors, si nous avons bien repéré les différents termes de l’ambiguïté de chaque ligne, il nous est impossible d’en faire le total. Ainsi, alors que l’horizontale n’offre que deux lectures possibles, pour diverses raisons, nous ne pouvons affirmer qu’elle ne produit qu’un ambigu. En premier lieu, ces tableaux présentent uniquement des vues plongeantes, qu’il faudrait compléter par un tableau des vues médianes, quasiment ignorées du corpus, et un autre des vues en contre-plongée, qui seront traitées dans la deuxième partie lors de l’étude des figures réversibles. En second lieu, hormis l’horizontale, qui ne présente que deux termes et pour laquelle la question ne se pose pas, nous ne connaissons toujours pas la quantité d’interprétations qu’une même ligne peut simultanément supporter sur son tracé à l’intérieur d’une image complexe. Car, même sans tenir compte des ambiguïtés infinies du tableau n° 18, les ambiguïtés finies d’échelonnement d’une oblique peuvent encore s’associer à des ambiguïtés finies d’orientations. Aussi, en l’absence de théorie mathématique, seul un exemple de chaque occurrence pourrait pour l’instant nous permettre de dénombrer la totalité des ambiguïtés possibles.

Bien que nous soyons arrivés à l’origine plastique de l’ambiguïté, nous n’en percevons pour lors que les avatars, à travers les différents rôles des lignes, sans atteindre les raisons structurelles. Une dernière et cruciale question reste toujours posée : comment un système de représentation en arrive-t-il à produire sa propre illisibilité ? Question à laquelle nous aurons à répondre plus avant si nous ne voulons pas que ces classifications de lignes restent des descriptions dépourvues de sens.

 

 

 

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