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PRÉAMBULE Cette image est visible sur le site d'un professeur de psychologie à l'Université de , spécialiste des illusions de mouvement (dont le célèbre Rotating Snakes), à l'adresse suivante : http://www.ritsumei.ac.jp/~akitaoka/index-e.html Mais, il vous faudra bien chercher parmi les centaines d'illusions que le professeur a pu produire depuis des années. Aussi, vous aurez tout intérêt à passer par un autre site : http://viperlib.york.ac.uk/ Ce site de l'Université de , dans le cadre d'une utilisation non commerciale, met à libre disposition les images, animations et tutoriels de psychologie de la perception que leurs auteurs respectifs ont bien voulu lui confier. Là, vous pourrez faire une recherche en tapant comme mot clé : . Malheureusement, celle-ci donnera trente pages de résultats, chaque page étant elle-même composée de 8 vignettes à agrandir ! Il sera donc plus simple pour vous de taper : doroill1.jpg, le nom du fichier photographique qui y a été téléchargé pour être présenté ci-dessous. Si les droits d'auteur sont bien respectés, je dois en revanche reconnaître avoir par deux fois, et cela sans aucune autorisation, recadré cette première image pour en tirer les détails nécessaires aux besoins de la démonstration qui suit.
PROBLÉMATIQUE Mais que peut donc bien venir faire cette illusion de mouvement dans un site exclusivement consacré aux illusions de la perception ou de la représentation spatiale ? Car le professeur , dans le bref descriptif qui accompagne sa photo précise : In this image, the oblique lines painted on the road appear to move upward or downward.

Il se trouve que, peu au fait et peu féru de ce type d'illusions, je n'arrive pas à percevoir le mouvement décrit. Cela n'est pas d'une grande importance, puisque chacun se révèle être plus ou moins sensible aux différentes catégories d'illusions. Mais, il se trouve qu'en parcourant rapidement le site de , mon regard s'est arrêté sur cette image particulière, sans savoir encore que celle-ci était considérée comme une illusion de mouvement. Car mon oeil n'a pas manqué d'être attiré par un détail qui relève d'un tout autre phénomène perceptif. Ainsi, je vois dans le détail agrandi ci-dessous une figure réversible, figure qui, de ce fait, nous ramène aux illusions de la représentation ou de la perception spatiale.
  
Je vois là une route, bordée de lignes obliques qui semblent, toutes ensemble, former une cuvette dont l'asphalte serait le fond. Comme si les deux plans, illusoirement inclinés, des bandes blanches avaient pour fonction de canaliser le flot de voitures pour lors absentes ou d'orages diluviens à venir. L'ambiguïté de l'orientation dans l'espace des obliques est bien connue. Il vous suffira d'aller regarder le tableau consacré aux ambiguïtés des lignes pour vous faire une idée du phénomène. Pourtant, vous n'aurez là qu'une petite idée du caractère sournois et équivoque de l'oblique en ce que ce tableau, qui se contente de présenter 3 orientations possibles et contradictoires d'une même ligne, est loin d'être exhaustif. De même, en regardant ce tableau, vous aurez bien compris que les obliques ne sont pas seules à offrir des orientations équivoques. Ainsi, la photo présentée ci-dessous est intéressante pour deux raisons. La première est que nous retrouvons là les bandes blanches peintes ou caoutchoutées qui recouvrent le bitume des rues du monde entier. La seconde est qu'en lieu et place d'une équivoque de l'orientation des obliques, nous avons là une équivoque des verticales, équivoque qui, à y réfléchir de façon légère, aurait pu passer inaperçue. Vous pouvez en lire l'analyse en cliquant sur le lien suivant : ambiguïté de la verticale.
Mais après avoir évoqué l'ambiguïté native de l'orientation des lignes dessinées ou réelles, revenons maintenant à notre figure réversible routière. Celle-ci se distingue des figures les plus connues, Cube de Necker ou Dièdre de Mach, en ce qu'elle n'oppose pas le concave au convexe. Car ici, j'ai beau forcer ma vision, je ne vois pas un podium dont le sommet serait constitué de la chaussée et les pans latéraux des bandes blanches. Nous avons là une autre catégorie de figure réversible qui met en conflit le plat et le volume. Ainsi, en est-il de cette photo de volet métallique parisien qui n'est pas aussi plié que nous pouvons être amenés à le penser au premier abord. Là encore je vous renvoie à l'analyse approfondie de cette image : volet parisien.

Chacun voyant midi à sa porte, l'image du professeur permet donc d'atteindre une équivoque équivocité. Sa photo pouvant tout aussi bien être perçue comme une illusion de mouvement que comme une figure réversible, nous sommes placés devant une double alternative. Mais cela ne saurait durer. Un jour, quelqu'un d'autre, à l'oeil neuf et lavé de toute théorie, saura reconnaître en cette vue de un troisième type d'illusion qui nous permettra alors d'accéder à un niveau supérieur : celui de la triple équivocité.
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